Projet d'étude hydrogéologique
du bassin versant de la réserve naturelle
grotte du TM 71

Proposé par : Fabien Levard, Xavier Perrot, Nicolas Satie
Hydrogéosphère
Avenue de la Gare
F 11140 AXAT
Tél. : 04 68 20 55 59
Fax : 04 68 20 55 63
E-mail : fabien.levard@hydrogeosphere.com
Site web : www.hydrogeosphere.com

Mars 2010

1. Rappel des connaissances sur la rivière souterraineSommaire

1.1 Mesures et analyses physico-chimiques 2004

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Les premiers relevés d'analyses hydrochimiques et bactériologiques réalisés en 2004 dans le réseau souterrain du TM 71, nous ont apporté quelques éléments qui nous semblent important de résumer de la façon suivante :

  • Après observation, on peut distinguer deux types d'alimentation hydrique dans les galeries de la grotte. La première semble temporaire après de fortes précipitations ou lors de forts redoux printaniers (fonte des neiges avril-mai). La seconde, localisée dans la partie active du drain principal montre trois arrivées d'eau dont la dernière " AE3 " est pérenne,
  • Chimiquement, les trois arrivées d'eau de la partie active ont une teneur de magnésium plus élévée (8,55 mg/l) contre moins de la moitié pour les autres arrivées d'eau occasionnelles,
  • Pour la bactériologie, les analyses révèlent après de fortes pluies, l'existence de germes et bactéries en grande quantité surtout en coliformes (secteur Chaos).

1.2 Etude hydrologique 2008/2009Sommaire

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Une première étape d’étude sur le TM 71 a permis d’arriver à un début de connaissance du fonctionnement des arrivées d’eau alimentant la rivière souterraine simplement sur la base de données limnimétriques et physiques. Depuis Avril 2008, l’équipement mis en place continue encore à l’heure actuelle (Programme 2009) de jouer son rôle de rapporteur de la vie de la rivière souterraine. Sur la première année de mesures nous pouvons retenir quelques premières observations essentielles. Il ne s’agit bien entendu pas d’un aboutissement, mais bien d’une étape qu’il doit être nécessaire de poursuivre, tant sur la mesure de terrain à l’intérieur comme à l’extérieur, que sur l’analyse des données déjà collectées.

Le fonctionnement général de la rivière souterraine

Le débit (estimé) de la rivière souterraine peut varier entre 30 l/s et 1800 l/s. D’après l’analyse des débits classés :

  • Pour les débits inférieurs à 200 l/s le comportement du système apparaît très inertiel probablement lié au stockage dans une réserve suffisamment importante pour qu’elle puisse effacer le signal engendré par l’effet des pluies ou des alimentations de réservoirs connexes,
  • Pour les débits supérieurs à 200 l/s et inférieurs à 340 l/s une modification des conditions de sortie se produirait. Dans ce cas, les conditions de sortie des eaux apparaissent favorisées et peuvent traduire une diminution de la capacité de stockage du milieu,
  • Au-delà de 340 l/s, les débits supplémentaires pourraient provenir d’autres systèmes se mettant en connexion avec celui-ci.

Les deux premières arrivées d’eau dans la partie active du réseau (nommées AE1 et AE2) joueraient le rôle de déversoir au-delà d’un certain niveau de la troisième arrivée d’eau (nommée AE3). En période de crue le débit de AE1 peut alors dépasser celui de AE3 (celui-ci atteignant alors une limite maximum).

Phénomène de variabilité anormale des débits en période d’étiage

En période d’étiage un phénomène de variation des hauteurs d’eau et des débits se met en place. On observe une irrégularité permanente et une très grande variabilité des valeurs, de plus aucun schéma reproductible ou période caractéristique n’est observé.

L’étude plus approfondie des données statistiques en collaboration avec Alain Mangin (Laboratoire de Moulis/09) oriente en toute première approche vers une origine anthropique de ces variations dont l’allure s’apparente, semble-t-il, à des éclusées. On note pour étayer cette théorie, que les variations physico-chimiques varient ici en même temps que le débit de la rivière.

Or, par exemple, une intermittence comme celle de Fontestorbes, n’a pas ce type de fonctionnement. En effet, l'hydrochimie reste très constante tandis que le débit lui continue de varier. Nous n'avons pas encore fait de rapprochement probant avec une origine précise, mais cependant il existe des ouvrages hydroélectriques et des prises d’eau à la fois sur la rivière Aude et sur le ruisseau de Campagna, pouvant peut-être expliquer ce phénomène d’éclusée.

Si l’analyse statistique des relevés sur la rivière de la grotte TM 71 nous apporte ces premières informations, il convient de poursuivre le traitement des données, tout en continuant le suivi déjà mis en place. Aussi, il convient désormais de les confronter à d’autres axes de recherches pour permettre de valider les hypothèses d’alimentations et de circulations formulées à partir de ces premiers résultats.

1.3 Etude atmosphérique souterraine 2009Sommaire

Phénomène de déficit anomalique en oxygène

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Suite aux premiers travaux de Bernard Ournié et de François Bourges qui ont mis en évidence ce déficit en oxygène, et suite aux observations faites de l’O2 dissous dans l’eau lors du suivi hydrochimique, la seule constatation a été l’écart de valeurs entre les deux sondes. L’une est positionnée à la station AE3 et l’autre peu avant le siphon, et il a donc été observé un enrichissement de l’oxygène dans l’eau à une période de l’année lors de l’étiage.

Cependant, même s’il est important de prendre quelques précautions quant aux mesures (de part l’incertitude liée aux instruments), le mécanisme d’enrichissement de l’eau s’il est bien réel, n’est pas encore élucidé. D’après Bernard Blavoux, spécialiste de géochimie, une compensation par l’excès d’azote issue de l’agriculture pourrait être une piste intéressante à creuser. (échange verbal avec A. Mangin et B. Blavoux).

1.4 Connaissance sur le bassin versant présumé de la réserve naturelle TM 71

Voir le chapitre géologie structurale du plan gestion 2004-2008 (PDF)

L’état des connaissances sur le secteur présumé du bassin versant du TM 71 se limite essentiellement à la géologie de terrain. Une carte au 1/50000 ème est en cours d’édition par le BRGM. La collaboration de Daniel Raymond (Université de Paris I) avait permis, jusque là, de réfléchir grâce à ses minutes de terrains (la carte n’étant toujours pas éditée), et d’échafauder des hypothèses de bassin versant hydrogéologique (Figure 1).

Les connaissances de Daniel Raymond sur la géologie structurale de cette zone Est des Pyrénées, permettront donc de servir de base pour la suite de l’étude. Ces minutes de cartes orienteront le choix d'un pourtour préférentiel de la zone dans lequel les investigations seront menées, et dans lequel le champ de connaissance sera élargi. Hormis quelques documents d’études très localisés, comme pour les sources de Campagna-de-Sault, de Rodome et de Mazuby, ainsi que les avens et quelques objets spéléologiques recensés dans ce secteur, la zone est pauvre en informations structurales et géomorphologiques réellement exploitables.

Figure 1 : Projection du bassin versant hydrogéologique supposé de la réserve naturelle grotte TM 71.

1.5 Opération majeure du plan de gestion 2009-2013Sommaire

Voir les grandes lignes en projet (PDF)

Ce projet fait partie de l'opération principale du deuxième plan de gestion de la Réserve Naturelle Nationale de la grotte TM 71. Les principaux objectifs, en relation directe avec cette étude, sont de préserver l'ensemble du système karstique et de définir les limites du bassin versant de la réserve naturelle.

En effet, on sait à présent que la conservation du milieu souterrain est intimement liée à ce qui se passe en surface. Les travaux de déboisements, de boisements, de génie civil (imperméabilisation, destruction de la couverture sédimentaire ou pédologique, destruction de l'épikarst), modifient durablement les conditions environnementales qui règnent à la surface du karst, et de ce fait peuvent avoir des conséquences importantes en profondeur sur le débit et la chimie des eaux souterraines, les teneurs en gaz carboniques.

2. Objectifs du programme 2011-2014

Les conclusions tirées plus haut, et principalement l’existence de variations anormales du débit en période d’étiage qui pourraient bien être anthropiques, justifient l’importance de poursuivre l’étude pour la connaissance de l’alimentation de cette rivière souterraine. Par ailleurs, l’origine de l’anomalie atmosphérique en O2 n’étant pas élucidée, il s’agit de vérifier si son existence, elle aussi, ne serait pas finalement liée à l’influence humaine. Ainsi les objectifs du programme peuvent se décliner selon les points suivants :

  • Définir le bassin versant de la rivière souterraine de la grotte du TM 71 en concluant sur les relations endokarst et épikarst,
  • Préciser le fonctionnement du réseau hydrique,
  • Mieux comprendre l’anomalie en O2 de l’eau en tentant de dégager un mécanisme expliquant le phénomène,
  • Recenser les actions pouvant éventuellement entraîner des pollutions des eaux souterraines et, par corollaire, les zones les plus sensibles.

2.1 Méthodes de mise en place de l'étude

Rappelons ici, à travers les perspectives principales évoquées dans l’étude initiale, les axes de connaissances à mener et qui serviront de fil conducteur pour l’ensemble de ce nouveau programme. Ces travaux importants, en complémentarité avec d'autres opérations du deuxième plan de gestion, doivent s’appuyer sur :

  1. L’observation fine de terrain (prospection de terrain, étude géomorphologique, photo interprétation) dans une vaste zone globale intégrant le bassin versant supposé du TM 71. Le but est de rechercher des points d’entrée préférentiels (dolines, zones faillées, collecteurs, thalweg, etc…),
  2. L’établissement d’hypothèses de liaisons comprenant la prospection de chaque secteur afin d’établir, dans la mesure du possible, et pour l’année suivante, un programme de prospection et de traçage, suivant les résultats obtenus. Exemple : la cartographie de l’année N, permettra d’établir le programme de travail de l’année N+1. Les premiers travaux serviront également à établir les plans de circulations et de drainage préférentiels,
  3. La mise en place de protocoles de traçages depuis ces éventuels points d’entrée vers le réseau souterrain du TM 71, et divers autres points de sorties contrôlables,
  4. La réalisation de multitraçages permettra de systématiser la prospection,
  5. Le prélèvement d’eau sur la rivière souterraine à deux ou trois périodes clés, pour analyse isotopique de l’Oxygène 18 afin de cibler des altitudes de recharge principales. Ces périodes propices peuvent se présenter dès la première année, comme au-delà dans les années suivantes,
  6. Une station météo plus en rapport avec le bassin versant serait à créer car il n’existe pas d’autre station Météo-France à proximité. En effet, la réaction de l’aquifère par rapport aux précipitations tombées sur Ascou (Ariège) n’est pas évidente, probablement compte tenu de l’éloignement de la station. A noter que cette opération est prévue dans le plan de gestion 2, indépendamment de ce programme d'étude.

L’objectif final est de réaliser une carte au 1/200 ème répertoriant précisément tous ces objets. Cette cartographie permettra, entre autre par la suite, de concevoir une carte de vulnérabilité une fois les résultats des traçages obtenus. Ces travaux se feront en sectorisant et en suivant progressivement un pourtour pour l’instant hypothétique du bassin versant. (Voir Figure 2).


Figure 2 : Découpage de la zone globale de l'étude en trois parties : A, B et C.

L’ensemble de ces zones sera cartographié à pied ou en Quad, selon leur accessibilité. La géolocalisation se fera à l’aide du GPS et permettra le positionnement précis des objets levés. Certains secteurs de prospection resteront cependant extrêmement difficile d’accès de part la pente comme par exemple le Bac de la Gouge non loin de Campagna-de-Sault, ou poseront des problèmes de géolocalisation précise surtout dans les secteurs forestiers denses comme le Bois du Linas, ou le versant nord de l’Ourtiset.

Pour pallier à cette problématique, il existe une technique d’imagerie aérienne permettant le scannage de surface s’affranchissant de la végétation. Cette technique nécessite le survol en avion des zones en question selon un maillage précis. L’interprétation de la surface ainsi traitée permet de dégager les principaux reliefs et ce, de manière très fine. En fonction de la taille des surfaces à lever et de la difficulté d’accès cette technique pourra être mise en oeuvre.

2. 2 Matériel mis en œuvreSommaire

Fluorimètres

Il s'agit de fluorimètres pour multitraçage, à enregistrement automatique intégré. Les sondes GGUN-FL30 de chez Albillia peuvent séparer 3 différents traceurs sélectionnés parmi 5 classes I à V. Des traceurs de la même classe ne peuvent pas être séparés. L'équipement standard comprend les optiques des Classes I, II et III. A la demande, elles peuvent être replacées par les Classes IV et/ou V.

Par ailleurs l’appareil peut également enregistrer la turbidité sur une gamme allant de 0.02 à 400 NTU. La sonde se connecte par un câble de signal à 4 conducteurs à un boîtier étanche contenant un acquisiteur de données et 1 à 2 batteries. Le signal est transmis sous forme digitale.

Le boîtier peut se connecter à tout ordinateur au moyen de l'interface série. Pour un travail sans surveillance, l'acquisiteur enregistre jusqu'à 4 x 60'000 valeurs et la température de l'eau (précision: 0.1°C) sur sa carte Compact Flash.

  Classe Nom Limite de détection avec GGUN Sorption en milieu poreux Blanchissement par la lumière naurelle Rendement avec pH faible Environnement Prix
  V Naphtionate de Na + ++ ++ ++ ++ ++
  III Tinopal (CBS-X ou CL) +++ - - - ++ +++
  III Amino G acide ++ ++ ? + ? +
  III Photine + - - ? ? -
  IV Duasyne jaune T +++ ++ ? ? ? ++
  I Pyranine + - ? + + -
  I Uranine +++ +++ - - +++ +++
  i Eosine + ++ - + + ++
  II Amidorhodamine G + + +++ +++ + -
  II Rhodamine WT ++ + +++ +++ - -
  II Sulforhodamine B ++ + +++ +++ - -

Figure 3 : Table des traceurs colorés : +++ excellent, ++ bon, + moyen, - à déconseiller.

Sondes pressiométriques de hauteur d’eau

Ces types de sondes sont associées à des enregistreurs automatisés Vistaplus et Sondes multiparamètres CS304 Greenspan à enregistrement automatique intégré. Ces appareils de très hautes résistances sont capables de rester en place dans des milieux extrêmes (basse température, saturation en humidité) et ne nécessitent qu’une faible maintenance (vérification et étalonnage tous les 3 ans).

Associés à des batteries plomb-gel leur autonomie en mesure atteint à un rythme d’une mesure toutes les 15 minutes, environ 12 mois. Ainsi leur installation dans l’espace confiné de la grotte TM 71 permet un assouplissement non négligeable des cycles de relève.


                 Sonde multiparamètre installée dans la rivière du TM 71. Photo : Hydrogéosphère                   Relevé des enregistreurs multiparamètres. Photo : Hydrogéosphère

Imagerie Lidar

Si la photogrammétrie permet de générer la composante altimétrique sur de larges zones par des processus de corrélation automatique, cette technique n’est plus adaptée pour certains paysages comme les littoraux, ou bien les zones de végétation pour lesquelles le terrain, masqué, n’est plus visible.

La technique de la télémétrie laser (ou Lidar aéroporté) permet depuis quelques années de relever ces défis en fournissant une altimétrie de haute précision (point 3D), des informations sur la composition du sursol ainsi que des points terrain en présence de végétation. Cette technique est désormais répandue pour les applications géomorphologiques en particulier dans le cas présent.


        Schéma de principe du fonctionneent du Lidar.                                                                                      Orthophoto plaquée sur un MNT Lidar, en milieu montagneux.

3. Groupe de travailSommaire

3.1 Experts sollicités pour être intégrés au groupe de travail

L’opération ne peut se faire sans le soutien technique de spécialistes expérimentés. Ainsi une équipe de travail est en cours de constitution afin d’orienter les actions et valider de manière sérieuse chaque étape :

  • Alain MANGIN - Chargé de mission scientifique, station d’Ecologie Expérimental du CNRS de Moulis, traitement statistique des données acquises (limnimétrie, physico-chimie, traçages) et support sur l’établissement des protocoles de traçage,
  • Michel BAKALOWICZ - Hydrogéologue rattaché à l'Unité Mixte de Recherches HydroSciences de l'Université Montpellier I, spécialiste des écoulements souterrains dans les roches calcaires, support pour l’interprétation des résultats et validation des orientations de recherche,
  • Michel YVROUX - Hydrogéologue CG 11, membre du comité scientifique de la réserve du TM 71, établissement des protocoles de traçage, géomorphologie,
  • François BOURGES - Géologue et climatologue, problématique d’anomalie O2, structure et géomorphologie,
  • Bernard BLAVOUX - Professeur émérite université d’Avignon, appuis technique sur la problématique anomalie O2, outils et interprétation des analyses isotopiques, physico-chimie et géochimie,
  • Jacques MUDRY - Professeur de l’université de Franche-Comté, UMR Chrono environnement, outils et méthodes de traçage, protocoles et méthodes d’interprétation.

3.2 Equipe Hydrogéosphère

Le personnel de l'entreprise

Fabien LEVARD - Hydrogéologue, ancien étudiant de l’Université de Franche-Comté - DESS Géologie Appliquée, hydrogéologue Agréé pour le département de l’Aude.
Xavier PERROT - Hydrogéologue, ancien étudiant de l’ENSG Nancy, ancien collaborateur du Cabinet d’hydrogéologie Reilé (Besançon), ancien géologue Imérys Feldspaths du Sud.
Nicolas SATIE - Géologue et expert en Géomatique, ancien étudiant de l’ENSG Nancy - Ancien Géologue Imérys Feldspaths du Sud.

Références sur le même site

  1. Mesures physico-chimiques et analyses chimiques préliminaires de l’eau sur l’actif de la réserve géologique du TM 71 - 2004.
  2. Approche hydrogéologique du fonctionnement de la rivière du TM71 / bilan de la première année de mesures - 2008/2009.

Autres références locales

  1. Etude hydrogéologique du plateau de Sault / suivis et mesures en continu des principales résurgences - Conseil général de l’Aude / 2003-2004.
  2. Suivi physico-chimique en continu de chasses coordonnées - EDF / 2009
  3. Etude de l’ensablement du lit de l’Aude (programme de chasse coordonnées) / Tronçon Puyvalador Nantilla - EDF / 2006-2009
  4. Réalisation des dossiers de définition des périmètres de protection des captages des communes suivantes (Plateau de Sault et secteur associé) : Aunat, Artigues, Axat, Bessède-de-Sault, Counozouls, Campagna-de-Sault, Le Clat, Joucou, Marsa, Nébias, Roquefeuil-Espezel (sources de la Fajole).

4. Echéancier du projetSommaire

4.1 Programme 2011

Objectifs du programme

  1. Poursuivre le suivi dans la cavité (limnimétrie, hydrochimie et climatologie),
  2. Approfondir des traitements statistiques des données enregistrées,
  3. Cerner les limites hydrogéologiques du bassin versant de la rivière du TM 71.
  4. Découper et définir trois zones distinctes : A, B et C,
  5. Lancer un suivi à l’extérieur de la cavité sur un des cours d’eau potentiellement en relation avec la grotte TM 71 (l'Aude en priorité),
  6. Etablir des protocoles de traçages pour le programme 2012.

Méthodologie, mise en œuvre et planning de travail n°1

Suivis physico-chimiques, limnimétriques et climatiques
- Janvier à Mars 2011 : Le programme 2011 est dans la droite continuité du programme de recherche engagé en 2009 et 2010. Les années de mesures étant très différentes de l’une à l’autre d’un point de vue bilan hydrique, ainsi le maintien des appareillages tels qu’ils sont positionnés pour l’heure s’avère être la meilleure des stratégies.
Traitement des données statistiques (Echange et groupe de travail avec A. Mangin sur les résultats obtenus sur l’année 2009 en 2010).
Réflexion à propos du déplacement d’une des sondes situées sur la rivière vers l’extérieur sur le cours de l’Aude ou bien du ruisseau de Campagna. Validation en groupe de travail de la pertinence du choix de l’emplacement.
- Avril à Décembre 2011 : Positionnement de la sonde extérieure sur l’un des emplacements le mieux adapté après validation par le groupe de travail et suivi sur la période. Jaugeages à hauteur de cette sonde. Poursuite du suivi en parallèle dans la cavité.

Traçage
Cette phase, prévue plutôt sur le programme 2012, peut-être en partie anticipée sur la période 2011 suivant les conditions hydrologiques pouvant se présenter en fin de printemps. (voir programme 2012).

Géologie structurale et géomorphologie
Préparation du protocole de travail sur le terrain et mise à disposition d'outils de rendu pour le programme 2012. (Logiciel SIG, dont Autocad Map 3D). Validation en groupe de travail, du périmètre global de la zone d'investigation et de la pertinence de créer trois zones distinctes (A, B et C).

Chimie isotopique
Afin de cadrer au mieux l’utilisation de cet outil, une préparation en groupe de travail sera mise en place, avec principalement B. Blavoux. L’objectif sera de définir une méthode (O18 par exemple), et de la traduire par une mise en œuvre adaptée. Cette stratégie sera élaborée en fonction de la qualité physique des eaux en relation avec le débit de la rivière souterraine. Les prélèvements seront probablement mis en place à différentes périodes de l’un ou l’autre des programmes annuels.

4.2 Programme 2012Sommaire

Objectifs du programme

  1. Poursuivre le suivi des analyses hydrogéologiques et atmosphériques dans la grotte du TM 71 et à l'extérieur.
  2. Réaliser des traçages à courtes et longues distances.
  3. Commencer le travail de relevé sur l'exokarst de la zone A.

Méthodologie, mise en œuvre et planning de travail n° 2

Suivis physico-chimiques, limnimétriques et climatiques en continu
Janvier à Décembre 2012 : poursuite des suivis en parallèle intérieur/extérieur sur la période d’étiage, jaugeages à hauteur des points de suivi, traitement des premiers résultats obtenus et conclusions sur la nécessité de maintenir l’appareillage extérieur au même point. Quoiqu’il en soit, si aucune corrélation n’est apportée, il sera proposé de le positionner en un second point.

Traçage courte distance
Le but est de confirmer le parcours : " Aude > TM 71 > Aude ". Nous proposons de réaliser une série de colorations en multitraçage pour s’affranchir des doutes de relation entre certaines pertes de la rivière Aude et certaines émergences visibles en bordure du cours d’eau (Figure 4). Cette opération s’inscrit aussi dans le but scientifique de valider le potentiel de connection tant qualitatif que quantitatif.

Figure 4 : Perte et résurgences localisées dans le linéaire de la rivière Aude.

Il y a une trentaine année, le Groupe Spéléologique de Montpeyroux avait mis en lumière le lien entre la rivière souterraine du TM 71 et la rivière Aude par une simple coloration de l'intérieur vers l'extérieur. Inversement, la relation entre la perte du virage de l'ancien camping de l’Aguzou et le réseau du TM 71 n’a pas été testée. C’est pourquoi nous souhaitons reprendre ces traçages en proposant des injections dans les deux sens, intérieur/extérieur et extérieur/intérieur.

Pour cette étude, trois fluorimètres seront disposés pour ce protocole en 3 points distincts (TM 71/ émergence rive droite/ émergence rive gauche). Ensuite, deux traceurs distincts seront employés de manière à dissocier les tests. Le choix de ces types de traceurs se fera avec l’aide technique du laboratoire de géosciences de Besançon, car en fonction des conditions de terrain un colorant peut-être mieux adapté qu’un autre.

Traçage longue distance
Deux options de traçage longue distance seront proposées pour cette période, sachant qu’une seule des deux ne pourra être réalisée sur ce programme, l’autre sur le programme 2013. Ce choix sera uniquement influencé par les conditions météorologiques d’injection (à priori à la fin du printemps).

Afin de commencer à répondre à un des objectifs principaux qu’est la limite géographique du bassin versant de réserve naturelle du TM 71, nous proposons de reprendre la coloration Mounégou > Font d'argent, réalisée il y a plus de 30 ans, par le Spéléo Club de l’Aude. Cette coloration n’avait pas été réalisée sous l’angle quantitatif, et seul la résurgence de Font d’Argent avait été surveillée. Le positionnement des appareils de mesure sera fait de la façon suivante (voir Figure 5) :

  • Résurgence de Font d’Argent,
  • Rivière du TM 71,
  • Source de Mérial.

Le choix de la période d’opération " relation Aude > TM 71 ", peut se faire à pratiquement n’importe quel moment de l’année dans la mesure où la présence d’un débit d’eau suffisant sur chaque point d’injection est quasiment assurée sur l’ensemble de l’année. Cette opération sera donc mise en place en fonction du second protocole de traçage. Celui-ci aura vocation à être fait à longue distance, et ne disposera peut-être pas des débits nécessaires tout le long de l’année. Les fluorimètres ne pouvant pas être mis à disposition en même temps, il faudra faire une choix stratégique.

Géologie structurale et géomorphologie de la zone A
Le programme envisagé est le suivant :
- Juillet à Août 2012 : prospection et levé de terrain sur l'exokarst de la zone A localisée au Nord-Ouest de la réserve,
- Septembre 2012 : rendu cartographique de la zone A à partir de protocoles validés par le groupe de travail.
Les résultats de cette première phase, devraient permettre d'évaluer les contraintes, les difficultés, l'ampleur et la durée du travail. En résumé, de se confronter à la réalité du terrain.

Figure 5 : Localisation des points d'injection et de mesure pour le programme 2012.

4.3 Programme 2013Sommaire

Objectifs du programme

  1. Poursuivre le suivi des analyses hydrogéologiques et atmosphériques dans la grotte du TM 71 et à l'extérieur.
  2. Réaliser ou compléter les colorations non effectuées en 2012.
  3. Poursuivre le travail de relevé sur l'exokarst de la zone B.

Méthodologie, mise en œuvre et planning de travail n°3

Suivis physico-chimiques, limnimétriques et climatiques
Janvier à Décembre 2013 : poursuite des suivis à l'intérieur et l'extérieur sur les périodes d’étiages ou de crues, jaugeages à hauteur des points de suivi, traitement des résultats obtenus et conclusions sur la nécessité de maintenir l’appareillage extérieur au même point.

Traçage à longue distance
Les traçages envisagés sur le programme 2012, n’ayant pas été mis en œuvre seront réalisé sur ce programme (toujours sous conditions météorologiques et hydriques favorables). De nouveaux points d’entrée potentiels et également de contrôle (en plus de celui du TM 71 qui reste le point commun), auront pu être dégagés à la suite des conclusions des précédents traçages.

Géologie structurale et géomorphologie
La continuation des relevés sur l'exokarst se fera de la façon suivante :
- Juillet à Août 2013 : prospection et levé de terrain de la zone B située à l'Ouest de la réserve, vers les pics de la Bentaillole et de l'Ourtiset.
- Septembre 2013 : rendu cartographique de la zone B.
Les résultats de cette deuxième phase permettront de continuer la réflexion sur les plans de drainage et les hypothèses de liaisons. Ils pourront aussi, à la suite de nouvelles découvertes éventuelles sur le terrain, mettre en avant la nécessite de réaliser des compléments.

Figure 6 : Visualisation de la zone de travail 2013, secteur Bentaillole et Pic de l'Ourtiset.

4.4 Programme 2014Sommaire

Objectifs principaux du programme

  1. Poursuivre le suivi des analyses hydrogéologiques et atmosphériques dans la grotte du TM 71 et à l'extérieur.
  2. Réaliser éventuellement des traçages dans la partie Nord, secteur Vallée sans Issue.
  3. Finaliser le travail de relevé exokarstique dans la zone C.
  4. Réaliser une couverture télémétrique aérienne au laser Lidar dans des zones inacessibles.

Méthodologie, mise en œuvre et planning de travail n°4

Suivis physico-chimiques, limnimétriques et météorologiques en continu
Janvier à Décembre 2014 : comme en 2013, poursuite des suivis à l'intérieur et l'extérieur sur les périodes d’étiages ou de crues, jaugeages à hauteur des points de suivi, traitement des résultats obtenus.

Traçages éventuels secteur Nord
Des points d'absorption seront recherchés afin de colorer éventuellement la zone Nord, lieux dits " Vallée sans Issue " et " Barencou ". Ces zones agricoles sont de vastes dépressions karstiques qui probablement alimentent des réseaux souterrains actifs. L'orientation vers la grotte du TM 71 est peu invisageable mais reste à prouver.

Géologie structurale et géomorphologie
La dernière zone karstique, constituée de milieux plus ouverts, sera parcourue de la façon suivante :
- Juillet à Août 2014 : prospection et levé de terrain de la zone C, dans les secteurs situés au Nord en direction Aunat.
- Septembre 2014 : rendu cartographique de la zone C.

Cartographie et télémétrie aérienne Lidar
En fonction des trois zones couvertes sur les 3 premières années : 2011, 2012 et 2013, il peut demeurer des zones non couvertes car pratiquement inaccessible. Cette dernière phase peut alors être l’occasion de boucler en finition l’ensemble de la cartographie. La prise de mesure en télémétrie laser (Lidar) pourra être alors entreprise aux endroits de fortes pentes ou dans des secteurs à végétation dense.

Figure 7 : Visualisation de la zone de travail 2014, secteur Vallée sans Issue et Barencou.

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Projet d'étude bassin versant
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